Gastronomie: Jacques Le Divellec - Père Alain de la Morandais  - 12/12/08 - Paris
12 décembre, 2008

Approche littéraire de la gastronomie par Oscar Farkoa
Recettes, portraits de personnalités, commentaires des ouvrages de cuisine...

À table avec Moïse, Jésus et Mahomet, voilà bien un livre surprenant et qui remet bien des préjugés en cause : traditionnellement, les différences alimentaires entre juifs, chrétiens et musulmans ont tendance à les diviser. Un prêtre qui parle de cuisine, voilà de quoi effrayer, surtout quand on sait qu’il est docteur en théologie morale !
Or, cet ouvrage, c’est tout le contraire de ce que l’on pourrait craindre. D’abord parce que l’idée vient d’un grand cuisinier, Jacques Le Divellec, ensuite parce que le prêtre en question n’est autre que le Père Alain de La Morandais, chouchou des médias, au parler franc et sans tabou et qui n’hésite pas à évoquer des souvenirs gourmands.
Lauréat du Grand Prix Spécial du Jury Les Prix Gourmands France 2007, À table…prend le contre-pied des croyances qui veulent opposer les fidèles des trois religions révélées à cause de leurs habitudes alimentaires. Les 50 recettes élaborées par Jacques Le Divellec, qu’elles soient d’origine juive, chrétienne ou islamique, sont toutes compatibles avec les deux autres religions.
Alain de La Morandais a conçu et participe sur Direct 8 à l’émission de télévision « Les enfants d’Abraham » avec le rabbin Haïm Korsia et le spécialiste de l’islam Malek Chebel, qui collaborent tous deux à ce livre.

Nous avons rencontré l’homme d’Église, il a bien voulu « passer à table » et répondre à nos questions :

A qui s’adresse votre livre ?
Aux croyants en général, et en particulier aux musulmans. Il est un témoignage de ce qui nous rassemble, contrairement à ce que montre trop souvent l’actualité.

Le christianisme est la seule des trois religions révélées à ne pas édicter d’interdits alimentaires mais aussi la seule à ériger la gourmandise en péché. Comment réconcilier les chrétiens avec la gourmandise ?
Il s’agit essentiellement d’un problème sémantique purement français. La « gourmandise » en tant que péché est à prendre au sens de « goinfrerie ». La condamnation de la gourmandise remonte historiquement à Saint Grégoire, fin XIIe siècle, qui voulait prévenir les chrétiens contre les excès de la table et opposer la tempérance aux débordements festifs des païens.

Pouvez-vous nous donner une recette personnelle pour les lecteurs de Channel Riviera ?
Une recette que j’ai faite hier à mon meilleur ami : le homard à l’américaine du pauvre. Faites sauter des gambas dans de l’huile d’olive à feu vif, ajoutez du vin blanc et du concentré de tomate, un peu de sucre, du curry, du sel de Guérande, du poivre et flambez avec ce que vous avez sous la main. J’ajoute personnellement des piments oiseau que je conserve confits dans du whisky.

Jacques Le Divellec et le Père de la Morandais, À table avec Moïse, Jésus et Mahomet, 50 recettes pour partager le pain et la paix, Solar, 202 pages, 22 €.

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Plus d'info : http://morandais.over-blog.com/








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