Il était une fois… Robert de Niro  - 21/03/10 - Nice

>  20 mars  2010

>   Paule Elliott

 

‘Standing ovation’ de l’assemblée à l’apparition de Robert de Niro sur le plateau de la Cinémathèque de Nice le 9 mars dernier où quelque 750 privilégiés ont assisté à la ‘leçon de cinéma’ d’un des plus grands et talentueux acteurs de ces 40 dernières années.

 

On ne peut garder l’anonymat  lorsqu’on s’appelle Robert de Niro.  Alors, promo déguisée ? C’est en compagnie de son épouse, Grace Hightower, et Christian Estrosi, Maire de la ville de Nice, qu’il présenta le lundi 8 mars au *Musée Matisse les tableaux et dessins de son père, Robert de Niro  Sr. L’événement donna lieu à une ‘bousculade’ enthousiaste,  public et medias confondus.  Imperturbable et décontracté Robert de Niro remercia le public niçois de son accueil.

 

Le lendemain 9 mars, ‘photo call’ sur la Promenade des Anglais,  non loin de Roba Capeu, où le crépitement des flashes ne suffit à réchauffer l’air inhabituellement  frigide de la Riviera. Arrivé avec une bonne heure de retard Robert de Niro et les photographes n’eurent malheureusement pour décor que celui de la nuit…mais une récompense nous attendait à la cinémathèque de Nice : une leçon de cinéma ‘live’ par Robert en personne !  La circonstance donnait au mot ‘récompense’ son plein sens tant sont rares les interviews accordées par l’acteur.

 

Consigne stricte : téléphones portables et appareils photos  furent déposés à l’entrée. Ne restaient plus qu’en matière d’électronique les casques assurant la traduction pour les francophones. Standing ovation à l’apparition  de l’acteur sur scène accompagné du journaliste Jean-Jacques Bernard.  Pendant près d’une heure,  sous les regards subjugués du public,  la leçon de cinéma se déroula de la manière la plus ‘casual’ sous la forme d’un entretien. Sans  vraiment se livrer, Robert de Niro répondit aux questions du journaliste de manière simple, plutôt brève, parfois accompagnée d’un regard malicieux.

 

Plutôt que de retracer de manière exhaustive la carrière de cet immense acteur, Jean Jacques  Bernard aborda certaines étapes de sa vie. En toile de fond,  l’indéfectible relation affective père-fils mais également  l’admiration pour ce père artiste, influencé par Matisse, qui exposa au Guggenheim Museum de New York à l’âge de 30 ans. ‘’J'ai toujours été très fier de lui. J'expose ses tableaux dans l'hôtel que je possède. C'est lui qui a dessiné le menu pour mon restaurant.’’. Ces relations se retrouveront dans deux des films dont il est le réalisateur ; ’Il était une fois le Bronx’(1993),  saga des quartiers Italo-américains de new York des années 1960,  et ‘Raison d’Etat’ (2006).

 

D’études moyennes interrompues à 16 ans,  il donnera la préférence aux cours de Stella Adler  qui privilégiait la partition en mettant  l’acteur au service du personnage plutôt qu’à Lee Strasberg  qui prônait  le ‘culte de la personnalité’.

Son séjour en France avec son père entre1960 et 1965 l’amènera à découvrir l’Europe en auto stop. Amusante coïncidence, c’est en 1965 qu’il sera figurant dans le film de Marcel Carné  3 chambres à Manhattan’.  Sa carrière commençait.

 

Ce ‘street kid’ (bobo) fortement marqué par l’environnement intellectuel de ‘Greenwhich Village’ aimait à observer les gens dans la rue,  prémices de ce qui allait bâtir sa formidable carrière d’acteur le poussant à se glisser dans la peau de ses personnages  au  prix de changements physiques : perdre 15 kg et saisir l’accent  de l’Arkansas pour ‘Bloody Mama’, prendre 30 kg de muscles pour ‘Raging Bull’ (Oscar du meilleur acteur), s’imprégner des comportements de patients atteints de maladie mentale dans ’l’Eveil’ en étudiant les vidéos enregistrées.

 

En tant qu’acteur Robert de Niro donne la préférence au cinéma plutôt qu’au théâtre qu’il trouve plus éphémère.

Selon lui,  la densité du jeu se trouve dans les mouvements et les personnages mais également dans les silences ;  et d’affirmer qu’une carrière se construit dans la diversité des rôles.

 

Interrogé sur ses relations avec Martin Scorcese il évoquera les affinités professionnelles et les  relations d’honnêteté qui les lient. ‘’Scorcese me donne la latitude de jouer selon mon ‘feeling’’.  Le metteur en scène stimule la performance de l’acteur’.

 

Pour ce qui est du futur, ‘’Si j'arrive à réaliser encore trois films dans ma vie, je serais le plus heureux !".

En tant qu’acteur, Robert de Niro va tourner un film de gangsters "très ambitieux et très particulier" avec Martin Scorsese. "Le héros réfléchit à son passé, à ce qu'il a subi, mais c'est aussi un film sur Hollywood, un film très personnel où nous voulons greffer ce qu'on y a vécu Martin et moi."

En tant que metteur en scène il envisage de donner une suite à ‘Raison d’état’ (2006) et soulever de nouveaux voiles sur la politique américaine.

 

Vous avez la réputation d’être un homme du ‘’comment plutôt que du pourquoi’’.

Votre statut de metteur en scène a-t-il changé cet adage ?

Réponse accompagnée d’un sourire malicieux : ‘’feelings prevail common sense’’, l’instinct l’emporte sur la raison quelle que soit la casquette !

 

Interrogé sur les grands changements de l’Amérique d’Obama, il rétorque ‘‘ le plus grand changement vient du fait qu’il ait été élu. Il essaie de faire au mieux, pas seulement pour les Etats Unis mais pour le monde. Nobody’s perfect comme ils disent… mais j’ai grande confiance en lui’’.

 

Standing ovation …fin.  

 

Le film ‘Il était une fois le Bronx’ vint en conclusion d’une soirée exceptionnelle…

Il y a des moments de bonheur dans la vie, c’en fut un.  Thank you Bob !

 

 

*  L’exposition des œuvres de Robert de Niro Sr au Musée Matisse sont visibles jusqu’au 31 mai 2010.

 

> Cinémathèque de Nice

 

La Cinémathèque de Nice (Délégation permanente de la Cinémathèque française) a été créée le 13 juillet 1976 en collaboration avec Henri Langlois et en présence de Dennis Hopper avec pour objectif de permettre au public de découvrir les films du patrimoine cinématographique mondial. Son statut juridique a évolué au cours des années pour devenir en 1991 un établissement culturel sous régie municipale.
Les activités de la Cinémathèque de Nice se développent autour de quatre départements, la diffusion, la conservation-restauration, la formation, l’édition. Depuis juillet 2005, La Cinémathèque de Nice a été agréée comme membre associé de la Fédération Internationale des Archives du Film (FIAF). Cette Fédération, fondée en 1938, regroupe les organisations qui se consacrent à la conservation des films considérés comme des œuvres d’art et facilite les échanges internationaux de films et documents concernant l’histoire et l’art cinématographiques.

 

> Jean-Jacques Bernard est rédacteur en chef de Ciné Cinéma, Ciné Classic, Groupe Canal +, Président du Syndicat Français de la Critique de Cinéma et des Films de Télévision.

 

>  Hôtel  Robert de Niro à NYC

>  Tribeca Productions

 


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©  Photos Paule Elliott
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