Ballet Nice Méditerranée – La danse dans sa diversité  - 01/06/10 - Nice

>  1er juin  2010
>  Manal

 

 

Pour le deuxième spectacle depuis sa prise de fonction, Eric Vu-An, directeur artistique du Ballet de l’Opéra de Nice, a conçu un programme varié, séduisant et éblouissant.

 

Le premier ballet, ‘La Campanella’, commémore le 170ème anniversaire de la mort de Paganini à Nice. Sur l’entêtant mouvement final du Concerto pour violon n° 2, et sur une chorégraphie de Giorgio Mancini, Eric Vu-An mène la danse. Il apparaît tel un Méphisto, tout de rouge vêtu, pour rappeler la réputation sulfureuse que sa virtuosité avait value au compositeur-interprète. Il devient Paganini lui-même, et la musique de son violon imaginaire manipule et anime les trois couples de danseurs autour de lui. Mais on ne voit que lui, en diable bondissant et inspiré.

 

Le second ballet, ‘Cantate 51’, sur une musique de Bach et sur une chorégraphie de Béjart remontée par Vu-An, constitue un hymne universel à l’harmonie et à l’élévation spirituelle. La danse, épurée, suit d’abord scrupuleusement la musique, sublime. Les personnages principaux, l’Archange et la Vierge, entourés d’anges annonciateurs, se déplacent hiératiquement, comme concentrés sur eux-mêmes. Puis l’élan mystique s’accélère comme les pas et les gestes des danseurs : des anges accompagnateurs entourent les solistes et s’animent en une écriture typiquement béjartienne. Ce ballet, qui constitue d’ailleurs une quintessence de l’art de Maurice Béjart et de ses recherches mystiques, est véritablement sublimé par son interprétation.

 

Le troisième ballet, ‘Viva Verdi’, sur un pot-pourri d’airs d’opéras et sur une chorégraphie de Luciano Cannito, est une sorte de sottie célébrant l’Italie dans toutes ses qualités et ses travers. Un personnage stéréotypé, un Italien composite, sorti des comédies des années 60, des films de gangsters ou de la Commedia dell’ Arte, sert de fil conducteur au spectacle et évoque la diversité de la culture transalpine, telle qu’elle peut être perçue à l’étranger. Des œuvres émouvantes ou grandioses de Verdi servent de fond sonore à des moments de bravoure, de tendresse, d’intimité, dans lesquels le corps de ballet tout entier fait merveille, mais des instants d’humour décalé cassent brutalement l’émotion et arrachent le rire. Ainsi, le corps de ballet s’élance sur un air d’opéra somptueux, qui s’interrompt tout à coup pour laisser la place à ‘Saturday Night Fever’. Les pas classiques, qui exigent une maîtrise technique impeccable, deviennent soudain des rythmes modernes. Le public s’amuse et, qui plus est, les danseurs semblent aussi prendre leur plaisir à cet humour décalé, à cette distanciation.

 

Bravo à Eric Vu-An d’avoir ainsi remodelé le Ballet Nice Méditerranée et de lui avoir insufflé cette qualité technique et cette joie de vivre !

 

 

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©  Photos – Dominique Jaussein

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