Carolyn Carlson et Bartabas à Monaco : ‘We were horses’  - 16/07/11 - Monaco

>  15 juillet  2011
>  Manal

 

Sur la piste du Cirque de Fontvieille, des chevaux marchent, galopent et voltent, montés par de superbes écuyères à la crinière flottante, tandis qu’au milieu d’eux, des danseurs et danseuses vêtus aux couleurs de la terre, marchent, trottent et galopent eux aussi, s’associant aux mouvements des chevaux, sur une musique lancinante et stridente.

 

Carolyn Carlson est une chorégraphe américaine qui, après une carrière internationale (Etats-Unis, Italie, Finlande, Suède), s’est installée en France en 1971. Elle y a créé sa propre compagnie, qui s’est installée quelques années à la Cartoucherie de Vincennes. Elle dirige depuis 2004 le Centre Chorégraphique National de Roubaix Nord Pas de Calais. Elle a créé une bonne centaine de pièces, dans son style de chorégraphie qui combine aussi philosophie et spiritualité, et qu’elle qualifie de ‘poésie visuelle’.

 

Bartabas, écuyer émérite, a créé une expression nouvelle, qui combine l’art équestre, la musique et la danse. Avec sa compagnie, le Théâtre Zingaro, il a longtemps travaillé à Aubervilliers. Il a installé depuis 2003 son Académie Equestre de Versailles dans le manège de la Grande Ecurie Royale. Ses spectacles ont rencontré un vif succès dans des tournées qui l’ont conduit dans le monde entier.

 

La collaboration inédite entre une chorégraphe américaine de renom et un écuyer français créatif a donné naissance à un spectacle innovant, combinant danse moderne et manège, union sacrée de l’homme et du cheval, parades et galops d’ensemble.

Bartabas-Carolyn Carlson-© Photos X
Bartabas-Carolyn Carlson-© Photos X

Dans ce foisonnement d’épisodes de courses et de sauts, tant des hommes que des chevaux, on retiendra surtout quelques moments de grâce.
Ainsi, ce cavalier solitaire, montant à cru, qui s’arrête, descend de cheval, s’accroupit, comme s’il lisait des signes sur la piste, et sa monture s’approche, pose sa tête sur son épaule, cherche la caresse de ses mains : moment d’intimité et de proximité entre l’homme et la bête.

Ainsi encore, ces Amazones échevelées, au grand galop de leurs montures, qu’elles contrôlent de rênes fixées à la ceinture, qui passent et repassent en une parade rapide pour s’éclipser, leurs bras dessinant une chorégraphie en volutes dans l’air, ou encore, la poursuite d’hommes-gibiers, qui courent et sautent devant les cavalières, crinière au vent et lance au poing..

 

On notera aussi les mouvements d’ensemble vifs, répétitifs et scandés des danseurs et danseuses en des évolutions rythmées et des mouvements saccadés, qui évoquent un nouveau Sacre du Printemps primitif et païen, mais où l’homme se confronte aussi au cheval, l’une de ses premières conquêtes.

 

Seuls bémols : le caractère forcément limité des évolutions équestres, dû aux limites de la piste du manège improvisé, et la musique contemporaine de Philip Glass, terriblement monotone à force de répétitions à peine allégées de quelques variations subtiles. Mais il paraîtrait que cette répétitivité voulue vise  à créer l’impression du battement des sabots de chevaux au galop…


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