‘Le songe’, de Maillot à la Salle Garnier : féerie et fantaisie  - 20/07/11 - Monaco

>  20 juillet  2011
>  Manal

 

Les Ballets de Monte Carlo ont repris cette année la chorégraphie de Jean-Christophe Maillot d’après le ‘Songe d’une Nuit d’Eté’, de William Shakespeare. Initialement monté au Grimaldi Forum en 2005, le spectacle était cette fois présenté dans le cadre de la Salle Garnier : sur cette scène moins vaste, l’action était en quelque sorte concentrée et magnifiée.

 

Le thème de la pièce sur laquelle est fondé le ballet se prête à toutes les fantaisies et interprétations : il combine amour, faste, magie, comédie,…en un conte compliqué qui mêle les intrigues.

Trois groupes de personnages s’y croisent, s’y pourchassent, s’y aiment, sans nécessairement se voir.

Thésée, duc d’Athènes, va se marier avec Hippolyte, reine des Amazones.  A leur cour, Lysandre aime Hermia, qui est aimée de Demetrius, qui est aimé d’Hélène. Mais Egée, père d’Hermia, a décidé de la donner en mariage à Demetrius. Les quatre jeunes gens, leurs amours contrariées, fuient dans la nature et se recherchent.

 

Une fête est prévue pour le mariage : six artisans se propose de présenter un spectacle en l’honneur des époux. L’un d’eux, le tisserand Bottom, se croit un acteur hors pair. Les répétitions sont ardues entre ces amateurs et deviennent de savoureux intermèdes.

 

Obéron, roi des fées, aime Titania, reine des fées, mais est en conflit avec elle à propos d’un jeune page. Il a chargé son acolyte, Puck, d’une mission : une potion magique répandue sur les yeux de dormeurs les rend amoureux de qui ils verront en s’éveillant. Puck commet des erreurs : les amoureux se déchirent, Titania tombe amoureuse de Bottom, transformé en âne.

 

Heureusement, tout est bien qui finit bien : Obéron corrige les erreurs de Puck, se réconcilie avec Titania, le duc d’Athènes épouse sa reine, en même temps que les jeunes amoureux convolent, les artisans jouent leur spectacle, et tout est au mieux dans le meilleur des mondes.

 

Jean-Christophe Maillot a fait appel à ses fidèles complices pour la mise en scène de ce ballet. Ernest Pignon-Ernest en assure la scénographie, simple et efficace (quelques colonnes, deux praticables semi-hémisphériques, de discrètes fumées qui masquent la réalité). La scène baigne dans une ambiance irréelle, étrange, hors du monde. Philippe Guillotel a conçu les costumes, sobres pour les Athéniens, féeriques pour les fées, sauvage et faunesque pour Obéron, fantaisistes à la folie pour les artisans. Idée astucieuse pour les déplacements magiques de Puck : le recours à un Segway, ce curieux véhicule électrique à deux roues.

 

Sur cette intrigue déboussolée et dans ce décor sans marques, les danseurs déploient toutes les facettes de leur talent. Le duc d’Athènes et son Hippolyte sont grandioses à souhait, nobles et gracieux. Les pas de deux entre les amoureux sont délicieux de fougue. Obéron prend des airs à la Nijinski et son pas de deux avec Titania est époustouflant d’érotisme et de sensualité. L’arrivée du corps des fées, trottinant sur les pointes, est un rappel du classicisme de leur formation. Les artisans multiplient les phases clownesques avec folie et dextérité. Enfin, mention spéciale pour Puck, parfait de légèreté féérique dans ses missions magiques.

 

Le spectacle est long, mais on ne voit pas le temps passer, perdu dans cette féerique colorée et irréelle.

Un moment de bonheur hors du temps. Merci, Shakespeare et Maillot !

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© Photos Marie-Laure Briane

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