>23 janvier 2012
>Manal
L’Opéra de Nice a présenté en janvier 2012 une nouvelle production de ‘L’Enlèvement au Sérail’ (Die Entführung aus dem Serail), de Wolfgang Amadeus Mozart, sur un livret de Gottlieb Stephanie.
Il s’agit d’un singspiel de 1782, une gentille ‘turquerie musicale’ mettant en scène des captifs chrétiens aux prises avec des Barbaresques, un conte plein de bons sentiments et de grand-guignolades, mais avec un ‘happy end’ plein d’espoir.
L’intrigue est simple : une dame espagnole, Constanze, sa suivante anglaise, Blonde, et un domestique, Pedrillo, ont été capturés par les Turcs et vendus au Pacha Selim. Ce dernier a offert Blonde à Osmin, le cruel gardien de son sérail, mais il est tombé amoureux de Constanze, qui refuse ses avances, car elle a donné son cœur à Belmonte, un jeune seigneur espagnol. Belmonte débarque justement avec l’espoir de retrouver sa bien-aimée. Pedrillo, son valet, le fait passer pour architecte pour l’introduire auprès du Pacha. La fuite des prisonniers s’organise, mais ils sont surpris par Osmin et ses gardes. Le Pacha comprend que son amour est sans espoir et, bien que le père de Belmonte soit son ennemi personnel, décide de se montrer magnanime et de libérer tout le monde.
La nouvelle production est mise en scène par Ron Daniels et comporte les touches de ‘turqueries’ indispensables. L’essentiel du décor de Riccardo Hernandez : un fond de scène en arc de cercle matérialise le mur infranchissable du sérail. Les costumes de Deidre Clancy reprennent la couleur locale indispensable : janissaires enturbannés, gardes albanais, esclaves dénudées. Un net bémol pour les robes des héroïnes, banales et neutres à force de ‘lin candide’.
La musique, si mozartienne, fait la part belle aux chants d’amour, merveilleux arias du plus exquis belcanto. Dans un autre registre plus humoristique, les airs d’Osmin sont amusants et brillants.
L’Orchestre Philharmonique de Nice, sous la direction experte de Leopold Hager, a remarquablement soutenu et porté ce délicieux divertissement.
Quant aux interprètes, on notera d’abord Kristinn Sigmundsson, géant islandais parfait dans le rôle d’Osmin : il pourrait être clownesque, il est seulement truculent, et devient néanmoins émouvant dans ses déclarations d’amour ; Maxim Mironov, ténor russe fait passer avec légèreté l’héroïsme et le dévouement de Belmonte ; Wolfgang Rauch fait bien ressortir l’ambiguïté du caractère du Pacha Sélim, à la fois maître puissant et amoureux transi ; Joanne Mongiardo, en Blonde, et Peter Hoare, en Pedrillo, excellent en domestiques habiles et entreprenants. Quant à Anna Kristina Kaapola en Konstanze, la soprano finlandaise a un peu déçu : la qualité de sa voix n’est pas en cause, mais bien le feu, la couleur, la chaleur qui n’apparaissaient pas dans ses arias énamourés. Quant aux chœurs de l’Opéra, ils ont merveilleusement apporté leur soutien à ces interprétations de qualité.
Opéra Nice Côte d’Azur
4-6, rue Saint-François de Paule
F – 06300 Nice
>>Prochainement,
Il Trovatore - Giuseppe Verdi
Jeudi 16 février – 20h
Dimanche 19 février – 15h
Mardi 21 février – 20h
Jeudi 23 février – 20h
Renseignements /Réservations
T +33 4 92 17 40 79
© Photos Dominique Jaussein
© Channel Riviera 2012. Droits de reproduction et de diffusion réservés.