L’Enterrement (Festen…la suite) au TNN  - 03/10/12 - Nice

>2 octobre 2012
>Manal

 

L’Enterrement (Festen…la suite) au TNN

 

 

Il est des sujets difficiles à aborder, car ils suscitent une révulsion immédiate. C’est le cas de l’inceste, frappé depuis toujours d’interdit dans toutes les sociétés humaines, ou de la pédophilie par qui détient l’autorité.

 

C’est dire si le thème du film ‘Festen’ était douloureux : au cours d’une fête pour l’anniversaire du chef de famille, un fils adulte révèle que, dans leur enfance, sa sœur jumelle et lui ont été régulièrement abusés par leur père et se heurte à l’incrédulité  et à l’hostilité des autres membres de la famille, jusqu’à ce que soit révélée une lettre de sa sœur suicidée entre-temps.

 

Le film avait fait l’objet de nombreuses interprétations liées aux complexes oedipiens , mais aussi d’une adaptation théâtrale originale par Daniel Benoin, directeur du Théâtre National de Nice (TNN), avec une mise en scène innovante qui faisait participer des spectateurs au banquet familial.

 

Les auteurs du film ont créé récemment une pièce où l’histoire se poursuit : un banquet réunit à nouveau la famille pour l’enterrement du père, et voilà que réapparaît l’horreur de la pédophilie, version génétique.

 

Daniel Benoin a repris cette pièce, il l’a adaptée en français, montée et mise en scène au TNN. Le décor est simple et vise à transmettre l’idée du confort et des secrets bourgeois : un vaste tapis cerne la scène et remonte sur les murs, une longue table couverte de plats et verres occupe le centre. Côté jardin, un lieu isolé par les éclairages : un cercueil devient un lit, adossé à un miroir en pied. La distribution est prestigieuse : Pierre Cassignard, Samuel Le Bihan, Mathilda May, Mélanie Doutey, Caroline Proust, Paul Chariéras, et, en alternance, deux jeunes Benoin.

 

Dès l’abord, l’ambiance est posée : cela fait dix ans que la famille ne s’est plus réunie, depuis le choc de la révélation et les tensions restent vives. Dans un climat de violence latente, les querelles et les conflits surgissent à chaque instant. Mais la mère de famille, qui a soutenu son mari envers et contre tout, incite la famille à rester soudée. Jusqu’à l’incident qui déclenche à nouveau le cataclysme…et suscite les doutes et les interrogations. Faut-il garder le secret ? La faute est-elle pardonnable ? Sinon, quel châtiment ?

 

Les interprètes excellent, chacun dans leur rôle, à faire apparaître l’intensité des tensions, les relations compliquées entre les protagonistes, les non-dits, les secrets liés au passé familial.

 

Inutile de révéler les détails et la fin de l’intrigue.  C’est l’ambiance, lourde et déplaisante à souhait, qui compte, et les problèmes posés : s’agit-il d’une maladie psychique ? est-elle génétique ? peut-on la soigner ? le faut-il ? les secrets de famille gagnent-ils à être révélés ? faut-il les taire ?

 

La pièce expose une situation et pose des questions, sans doute sans réponse assurée. On peut regretter certaines facilités du texte, comme le recours à une langue ‘moderne’ (ainsi la profusion de ‘p…’ comme seule et fréquente exclamation des protagonistes). Mais, une fois encore, l’ambiance est en place, les questions sont sur le tapis.

 

 Chacun repart avec ses impressions et peut-être ses réponses. La malaise est palpable dans l’assistance : sans doute était-ce le but…

 

>Théâtre National de Nice (TNN)

 

© Photos DR

© Channel Riviera 2012. Droits de diffusion et de reproduction réservés








▲ Revenir au début de la page



© All rights reserved Channel Riviera 2009-2013 
 Publicité - Annonceurs  /  Liens  /  Partenaires - accès  /  Conditions Générales  /  A propos  /  Contact