Opéra de Monte-Carlo : Une éblouissante ‘Traviata’ pour fêter Verdi  - 24/01/13 - Monaco

> 24 janvier 2013

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Opéra de Monte-Carlo : Une éblouissante ‘Traviata’ pour fêter Verdi



L’Opéra de Monte-Carlo présente, en cette fin janvier, une nouvelle production de ‘La Traviata’, en co-production avec l’Opéra-Théâtre de Saint-Etienne et le Teatro Carlo Felice de Gênes.

 

Alors que s’ouvre une année dédiée aux commémorations du deux centième anniversaire de la naissance de Verdi, on ne pouvait rêver de spectacle qui célèbre mieux le talent du plus grand compositeur d’opéra italien.

 

Cette œuvre représente la quintessence de son talent avec, dans son livret, les éléments d’amours inégales et contrariées propres à captiver l’intérêt du public, et dans sa musique, un flot d’airs mémorables qui recréent l’impression et l’ambiance de cette triste histoire.

 

L’intrigue est connue : tirée d’un roman d’Alexandre Dumas porté à la scène, ‘La Dame aux Camélias’, elle conte l’histoire de Violetta, une courtisane’, la ‘dévoyée’ du titre, qui renonce à sa vie dissolue par amour pour un jeune bourgeois, Alfredo, puis renonce à cet amour sur les objurgations de Germont, père du jeune homme. Elle mourra  de phtisie, dans la misère, mais réconciliée avec son amant.

 

La remarquable mise en scène de Jean-Louis Grinda donne à la salle Garnier des airs de superproduction cinématographique, avec ses décors, dus à Rudy Sabounghi, qui recréent un salon du monde (ou demi-monde) de la Restauration, puis une paisible retraite campagnarde, et enfin le misérable galetas où l’héroïne se meurt ; avec ses somptueux costumes de Jorge Jara et la mise en lumière de Laurent Castaingt ; avec les effets de foule efficacement rendus par les chœurs de l’Opéra de Monte-Carlo sous la direction de Stefano Visconti ; avec la surprenante chorégraphie réaliste d’Eugénie Andrin pour le ballet des Bohémiennes (et Bohémiens).

 

La somptueuse musique de Verdi est merveilleusement interprétée par l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, sous la baguette du chef Marco Armiliato, qui en fait ressortir toute l’expressivité. Au premier acte, le ‘Libiamo…’ ou le ‘Sempre libera’  sont des explosions de joie bruyante. Au second acte, le ‘Ah ! dite a la giovine’ exprime toute la douleur du renoncement. Au dernier acte, les rythmes lents et scandés font résonner le caractère inéluctable et douloureux de la mort de Violetta. Du grand art.

 

Enfin, et surtout, la distribution donne tout leur éclat aux grands arias de cette œuvre exceptionnelle.

 

 Sonya Yoncheva d’abord : la jeune soprano bulgare est une parfaite Violetta, pétillante  et provocante en audacieuse courtisane, douce et suave en amoureuse éprise, éplorée et anéantie en amante sacrifiée par amour, brisée par la maladie et soulevée par l’espoir dans son agonie. Sa voix est tour à tour puissante et tendre, forte et brisée, caressante et impérieuse. Elle enchaîne les vocalises avec une virtuosité sans effort. A ses qualités musicales, elle joint des talents certains de jeu. Au physique même, un côté girond la met tout à fait dans le personnage.

 

Jean-François Borras ensuite : enfant du pays, le ténor monégasque montre toutes ses qualités dans le rôle d’Alfredo. Il passe aisément du rôle de soupirant hésitant à celui d’amoureux heureux et comblé, puis l’amant délaissé et vindicatif se mue en amoureux contrit et désolé. Sa voix souple se joue des difficultés de la partition, même s’il reste un peu raide dans son jeu.

 

Le baryton italien Luca Salsi est un impressionnant Giorgio Germont : en père noble, il apporte au rôle sa belle prestance, sa dignité, sa voix puissante, nette, élégante.

 

Les autres rôles sont également bien pourvus, avec une mention spéciale pour Loriana Castellano dans le rôle d’Annina, la fidèle suivante de Violetta.

 

Voilà un spectacle d’une qualité musicale et théâtrale exceptionnelles, qui laisse au spectateur une impression de plénitude et de satisfaction: sans doute l’objectif et le rêve de tout producteur.

OPMC-V

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