Opéra de Nice : ‘La Flûte Enchantée’  - 11/02/13 - Nice

>11 février 2013

>Manal

 

Opéra de Nice : ‘La Flûte Enchantée’

 

 

L’Opéra de Nice et l’Opéra du Rhin de Strasbourg produisent en commun une nouvelle version de ‘La Flûte Enchantée’, qui devrait rencontrer un vif succès. D’abord, parce que c’est Mozart, avec cette vivacité, cette inventivité, cette légèreté d’une musique intemporelle. Ensuite, parce que la mise en scène de Martine Clémens, et les décors et costumes de sa complice, Julia Hansen, sont surprenants, innovants, étonnants. Et enfin, parce que la distribution est remarquable, brillante, éblouissante parfois.

 

Le thème de l’œuvre est le récit fantastique d’un apprentissage, d’une initiation, d’une marche vers la lumière de la connaissance. On en parle souvent comme d’un ‘opéra maçonnique’, et il est manifeste que Mozart, franc maçon initié à une époque où cette appartenance ouvrait la voie aux philosophes des Lumières et à la démocratie, a transposé et magnifié la démarche de l’entrée en maçonnerie.

 

Les personnages de l’intrigue ont tous valeur de symboles: Tamino, le jeune prince qui se soumet et résiste aux épreuves de l’initiation jusqu’à l’accès à la connaissance; Papageno, l’oiseleur, son faire-valoir, plus faible et sensible aux tentations, qui cherche l’amour ; la Reine de la Nuit, éclatant symbole des séductions de l’obscurantisme et des superstitions ; Pamina, sa fille, amour de Tamino, qui doit s’effacer pour permettre l’apprentissage, mais retrouve in fine son aimé; Sarastro, Grand-Prêtre d’Isis et d’Osiris, maître de l’initiation et guide vers la lumière ; et nombre d’autres personnages secondaires tout aussi fantaisistes et mystérieux. Et la magie est toujours présente : Tamino se voit muni d’un flûte enchantée et Papageno reçoit un carillon magique pour les aider à vaincre les obstacles.

 

Les décors et la mise en scène contribuent au caractère onirique et fabuleux de l’intrigue. Ainsi, au premier acte, une colline verdoyante et fleurie, parsemée de cachettes et passages secrets, permet les évolutions, apparitions et disparitions des personnages. L’innovation est encore plus marquée pour les séquences d‘initiation : une vaste salle neutre, trois portes en fond de décor, mais des trappes dans les murs, qui dévoilent des tiroirs-cachettes, un toboggan pour l’entrée en scène, une cabine de contrôle en surplomb, un monde vaguement technique qui se réchauffe seulement quand l’initié accède à la connaissance. Les figurants et choristes apparaissent  en technocrates anonymes et interchangeables, en fonctionnaires de l’initiation.

 

L’interprétation est excellente grâce à une distribution solide.

On notera plus particulièrement la prestation exceptionnelle d’Olga Pudova en Reine de la Nuit : la soprano russe, véritable spécialiste du rôle, montre une aisance inouïe dans ses airs aux vocalises aériennes, dans ses suraigus qui passent sans difficulté, dans un ‘In der Hölle Reche…’ impeccable de rage et de passion.

Balint Szabo, la basse roumaine dans le rôle de Sarastro, a la prestance et la gravité qui conviennent, mais manque un peu de puissance sur les notes les plus graves, comme, par exemple, dans le ‘In diesen heil’gen Hallen’. On comprend mal le choix de le présenter comme aveugle (canne blanche et tout), alors qu’il est le guide vers la lumière…

Alexay Dolgov est un Tamino crédible et appliqué en apprenti, léger et tendre en amoureux, et Sarah-Jane Brandon est une Pamina délicieuse dont la voix reflète parfaitement les humeurs.

Enfin, Papageno est interprété par Clemens Unterreiner, un baryton autrichien dont la gaieté et l’humour font merveille,  que ce soit à son entrée en scène avec le ‘Der Vogelfänger bin ich ja’, ou quand il joue les amoureux à la recherche de l’âme sœur, dans le ‘Ein Mädchen oder Weibchen…’.

 

L’Orchestre Philharmonique de Nice est placé sous la direction de Leopold Hager, chef autrichien formé au Mozarteum de Salzburg et mozartien averti s’il en est.

 

Au  final, sublime, où triomphe la lumière, où la Reine de la Nuit, subjuguée, cède devant les pouvoirs du Grand Prêtre, le chœur chante les mérites des initiés depuis les loges d’avant-scène : le spectacle est dans la salle, qui applaudit à tout rompre ! Le plaisir est au rendez-vous.

 

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« La Petite Flute Enchantée »

 

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Opéra de Nice

© Photos Alain Kaiser – Opéra de Nice

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