‘Il Ritorno d’Ulisse in Patria’ de Monteverdi à l’Opéra de Nice  - 05/06/13 - Nice

>5 juin 2013

>Manal

 

‘Il Ritorno d’Ulisse in Patria’ de Monteverdi à l’Opéra de Nice

 

 

Une œuvre rarement jouée du père de l’opéra dans une production exceptionnelle : c’est le régal que l’Opéra de Nice offrait aux amateurs la semaine dernière.

 

On connaît souvent l’Orfeo, en sa qualité de premier opéra, précurseur du genre, et parfois ‘L’Incoronazzione di Poppea’, autre chef-d’œuvre du maître. Et pourtant, l’œuvre présentée, si elle est moins souvent produite, combine idéalement une dramaturgie remarquablement menée et un art lyrique baroque à son sommet.

 

L’argument, dû à Clément Badoaro, noble vénitien, relate, avec des variantes, le dernier épisode de l’Odyssée, le long périple d’Ulysse et ses péripéties à travers la Méditerranée pour regagner son royaume d’Ithaque. Il a passé 10 ans devant Troie, puis 10 ans à bourlinguer, et son épouse Pénélope l’attend toujours stoïquement, importunée par des soupirants empressés. A son retour, le rusé Ulysse, astucieusement conseillé par sa déesse tutélaire, Minerve, a quelques difficultés à se faire reconnaître, à évincer les rivaux, à obtenir le pardon de Poséidon, qui lui est hostile, et à reprendre sa place auprès de son épouse réticente.

 

Une musique somptueuse et majestueuse accompagne les péripéties nombreuses de cette intrigue. Elle est brillamment interprétée par l’ensemble des Paladins, sous la baguette de Jérôme Correas. Ces spécialistes de la musique baroque rendent à merveille, avec leurs instruments anciens, le son originel de l’œuvre de Monteverdi.

 

La distribution excelle dans l’art du ‘parlé-chanté’ initié par le compositeur, mais aussi dans les jeux vocaux – vocalises, trilles et pleurs. Plusieurs interprètes tiennent avec efficacité et talent plusieurs rôles. On retiendra surtout les intermèdes humoristiques d’Iro – l’amusant ténor Matthieu Chapuis ;  les rivalités et tentatives de séduction des prétendants à Pénélope – le ténor Jean-François Lombard, le ténor Carl Ghazarossian et la basse Virgile Ancely ; l’interprétation enjouée d’Anouschka Lara en Télémaque ; l’excellente prestation du ténor Jérôme Billy en Ulysse hésitant et inquiet, puis audacieux et furieux dans sa reconquête de la place; la très belle interprétation de la mezzo Blandine Folio Pérès en Pénélope impatiente, mécontente, prudente et futée tout à la fois ; et une mention spéciale pour la qualité du jeu et du chant de Dorothée Lorthiois, soprano, dans son rôle de Minerve.

 

Il faut également signaler l’efficace mise en scène de Christophe Rauck,  et les décors étonnants d’Aurélie Thomas avec leurs ‘coups de théâtre’ : les grands effets de transparence de voiles du haut en bas de la scène qui s’affaissent brutalement ; le ‘trône debout’ en forme d’autel qui symbolise le palais d’Ithaque ; le fond de la scène qui s’écroule comme un pont-levis pour révéler l’Olympe et quelques uns de ses dieux contemplant la terre ; ou l’extraordinaire salle aux statues de cire en guise de flambeaux. Du coup, on comprend mal le choix des costumes contemporains, qui dénotent dans ces décors et sont à la fois hors de propos et de l’époque.

 

Un spectacle splendide, néanmoins, qui, par la grâce de Monteverdi et des instruments des Paladins, a replongé les spectateurs en plein XVIIème siècle.

 

Avis aux amateurs !

La saison des abonnements débutera le 18 juin prochain.
A partir de lundi 10 juin les horaires de la location seront les suivants :
Du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30
 

 

Opéra de Nice

 

© Photos Opéra de Nice

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