‘Die Fledermaus’ à l’Opéra de Nice : une opérette viennoise en version niçoise  - 26/01/14 - Nice

>26 janvier 2014
>Manal

 

‘Die Fledermaus’ à l’Opéra de Nice : une opérette viennoise en version niçoise

 

 

‘Die Fledermaus’ (La Chauve-Souris) est une opérette viennoise fort populaire : sur un livret de Karl Haffner, inspiré d’une pièce française de Meilhac et Halévy, et une musique brillante de Johann Strauss II, cette délicieuse comédie déroule son intrigue fantaisiste dans la Vienne de François Joseph, cosmopolite et joyeuse : aristocrates vrais ou faux, domestiques déguisés, amants transis ou maris coureurs, quiproquos, les personnages se trompent, se méprennent sur les identités, tentent de courir le guilledou, et bien sûr, tout finit bien dans un délire de chants et danses.

 

On pourrait dire que cette histoire débridée représente une quintessence de la fantaisie viennoise de la fin du XIXème siècle. Pourquoi a-t-il donc fallu que l’intrigue en soit complètement francisée, sinon ‘nissardée’, et transposée vaguement à l’époque contemporaine ? Cette vulgarisation (dans tous les sens du mot) lui fait perdre ainsi une bonne partie de sa saveur d’origine.

 

On notera, parmi les ‘aggiornarmenti’ les plus significatifs, que le thème même de la pièce – une histoire de déguisement de chauve-souris porté à un bal costumé de Vienne – s’est transposé en costume de Batman endossé par un fonctionnaire européen à Strasbourg ; ou encore, que le bal chez le noble prince russe Orlofsky s’est transformé en surprise partie à bord de l’avion d’un émir qatari, l’engin stylisé tournicotant sur scène avec les invités et les hôtesses en toque voilée moyen-orientale ; ou enfin, que le bref rôle parlé du gardien de prison Frosch a été confié à Noëlle Perna (‘Mado la Niçoise’), qui en profite pour se lancer dans une de ses longues et amusantes digressions sur la vie niçoise, lesquelles sont ici totalement hors de propos. Fallait-il vraiment en passer par là pour arracher quelques rires au public ?

 

Au delà de ces ridicules efforts à l’originalité contestable, la musique de Strauss conserve tout son attrait et son entrain, vivement interprétée par l’Orchestre Philharmonique de Nice sous la baguette de Bruno Ferrandis. Les Choeurs de l’Opéra de Nice, sous la direction de leur chef, Giulio Magnanini, font merveille dans les jolies scènes de groupe. Parmi les interprètes, on notera tout particulièrement Sophie Marin-Degor dans le rôle de Rosalinde, l’épouse du héros, et Melody Louledjian dans celui de la bonne Adèle : toutes deux sont parfaites, vives et légères, entraînantes et pétillantes comme il convient à cette musique joyeuse.

 

Le charme de la musique viennoise aura presque fait oublier les extravagances de la mise en scène et ses parti-pris de folklore à tout prix.

 

Opéra de Nice

 

© Photos Dominique Jaussein

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