Opéra de Nice : ‘Semele’ de Haendel  - 20/02/14 - Nice

>20 février 2014
>Manal

 

Opéra de Nice : ‘Semele’ de Haendel

 

L’Opéra de Nice s’est lancé dans une production ambitieuse, celle d’une œuvre de Haendel qui, d’abord présentée sous la forme d’un oratorio,  puis abandonnée pendant deux siècles, a été reprise dans diverses versions au XXème siècle. La version qui est ici présentée est fort attrayante, tant par sa musique, remarquablement interprétée, que par sa mise en scène et ses décors, très originaux.

 

Le thème de l’œuvre est fondé sur le mythe de Semele, fille du roi de Thèbes, fiancée à Athamas, prince de Beotie, mais séduite et enlevée par Jupiter, et qui se met à rêver d’immortalité. Elle encourt à ce titre la jalousie de Junon, épouse légitime souvent délaissée, qui, avec l’aide de sa sœur Iris, mobilise Somnus, dieu du sommeil, pour atteindre sa rivale. Elle la convainc de faire promettre à son divin amant de quitter son aspect trop humain et de lui apparaître dans toute sa puissance tonnante. Semele en est – littéralement – foudroyée. L’enfant qu’elle portait,  Bacchus, attendra sa naissance à l’abri de la cuisse de son divin père…Sur terre, Ino, sœur de Semele, épousera Athamas, le fiancé abandonné.

 

Ces amours compliquées et ces rivalités ardentes donnent lieu à des variations musicales étonnantes : chaque personnage a droit à des arias époustouflants qui mettent en valeur la qualité des interprètes.

Ainsi, la soprano française Helène Le Corre, en Semele, est délicieuse en fiancée distraite, puis en amante enthousiaste en ambitieuse, et le ténor italo-suisse Valerio Contaldo est parfait en Jupiter, séducteur impeccable mais réticent. Le contre-ténor catalan Xavier Sabata est surprenant en fiancé abandonné. Mary-Ellen Nesi, excellente mezzo grecque, est une Junon furieuse et vengeresse, mais aussi une Ino, sœur de Semele, confidente aimable, et aussi, sous cet aspect, Junon insidieuse.

Enfin, la basse russe Denis Sedov est un roi Cadmos impérieux, mais aussi un Somnos somnolent à souhait. C’est d’ailleurs une des particularités de la partition originale qu’elle prévoyait des rôles doubles pour plusieurs interprètes : sans doute fallait-il déjà surveiller les coûts des productions lyriques… !

 

Les musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Nice étaient, pour l’occasion, placés sous la baguette du chef grec Georges Petrou, un habitué du répertoire baroque. Enfin, les Chœurs de l’Opéra de Nice sous la direction de Giulio Magnanini contribuaient avec talent à la fois les voix et les foules.

 

Une mention spéciale pour les décors originaux de Markus Meyer, les costumes de Sven Bindseil et la mise en scène de Jakob Peters-Messer.

Le palais royal de Thèbes est suggéré par un cadre surmonté d’une couronne qui sertit la scène, et les préparatifs de la noce par une pièce montée illuminée de bougies électriques. Cadmos est sobrement en jaquette, tandis qu’Athamas est revêtu d’une redingote de soie blanche. Semele et sa sœur détonnent un peu en jupette plissée et socquettes blanches. Quant à Jupiter, pyjama et veste d’intérieur de soie noire lui suffisent.

L’Olympe est suggéré par un décor asymétrique, sorte de boite dont le couvercle se soulève pour un défilé de mode surprenant : les toilettes des mannequins sont des rappels des amours multiples de Jupiter, des cornes pour Europe, une robe vaporeuse et dorée pour Danaé, des plumes pour Léda.

Seul bémol : les apparitions fulgurantes de Jupiter sont soulignées par un projecteur placé en fond de scène et l’éblouissement divin est total et déplaisant pour les spectateurs.

 

Au delà de l’intrigue compliquée, Semele constitue un merveilleux concert baroque de musiques enchanteresses et d’arias délicieux.

 

Opéra de Nice

 

© Photos Dominique Jaussein

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