‘Genesis’ – rencontre au sommet entre Sidi Larbi Cherkaoui et Yabin Wang  - 16/12/14 - Monaco

>16 décembre 2014
>Manal

 

‘Genesis’ – rencontre au sommet entre Sidi Larbi Cherkaoui et Yabin Wang

 

 

C’est à une rencontre au sommet qu’étaient conviés les amateurs de ballet contemporain pour le spectacle ‘Genesis’ à la Salle Garnier de l’Opéra de Monte-Carlo, dans le cadre du ‘Monaco Dance Forum’.

 

D’un côté, Yabin Wang, danseuse formée à la danse classique chinoise et moderne, chorégraphe, créatrice, en 2009, de sa compagnie, le Yabin Dance Studio de Beijing, et d’un festival annuel, Yabin and her Friends, et vedette de cinéma depuis sa prestation époustouflante dans ‘Le Secret des Poignards Volants’.

 

De l’autre, Sidi Larbi Cherkaoui, danseur formé à la danse moderne et hiphop, chorégraphe reconnu, créateur en 2010 de sa compagnie, Eastman, à Anvers, invité par les compagnies de ballet du monde entier.

 

Tous deux ont en commun une exploration des identités culturelles, religieuses, ethniques, sexuelles, même si leurs mondes sont aux antipodes. Dans leur nouvel opus en commun, sur une commande de Yabin Wang, et créé à Anvers en janvier 2014, on retrouve, sur le fond, la préoccupation de Cherkaoui pour les rapports entre l’homme et la nature, la mise en question de l’uniformisation et de l’aseptisation du monde, le métissage abordé par le biais des artistes et de la musique, et sur la forme, son style unique de danse acrobatique et technique, à la limite de la contorsion.

 

Sur scène, dans un décor nu meublé de lumière, des boites de verre mobiles et les interprètes : deux danseurs et deux danseuses chinois (dont Yabin) et un danseur japonais de la compagne Yabin, et trois danseurs venant de la compagnie Eastman, dansent sur une musique ‘métissée’ (une pianiste polonaise, un guitariste congolais, un tambourineur indien, un chanteur chinois). Les musiciens, installés eux aussi dans des ‘boites’ de verre, créent une atmosphère envoûtante en variant les rythmes et les mélodies, des tambours indiens aux chants de l’opéra chinois, en symbiose étroite avec les danseurs.

 

Les morceaux de bravoure se succèdent, solos, duos, mouvements de groupe, alternant les gestes lents et contrôlés et les rythmes vifs, frénétiques, parfois à la limite de la transe, mais avec aussi des passages inquiétants ou étonnants, mais toujours avec une technicité parfaite. On notera, par exemple, les déplacements des danseurs dans leurs cages de verres qui se déplacent en même temps qu’eux, ou encore les échanges de boules de cristal lumineuses qui glissent à travers la scène, ou les jeux de mains, paumes tendues vers le public et seules éclairées sur fond d’obscurité.

 

Remarquable aussi la maîtrise corporelle du danseur japonais qui est apporté sur scène, corps mort dans un sac plastique, et qui, peu à peu ranimé par l’imposition des mains des ‘soignants’, reprend vie par saccades et spasmes parfaitement et magnifiquement contrôlés.

 

Epatante aussi une longue séquence de Yabin Wang en sobre tunique noire et manches démesurément longues, sans doute un clin d’œil au film qui a lancé sa renommée : elle bondit, saute, virevolte, lance une jambe en grand écart à la verticale, puis soudain, évolue avec une lenteur sensuelle, se tord au sol, joue de ses longs cheveux étalés en éventail,…rythme et fluidité, souplesse et contrôle, tout est parfait.

 

Ce spectacle original a enthousiasmé les spectateurs, qui ont longuement ovationné les artistes.

Il sera présenté sur la plupart des grandes scènes européennes au cours des deux prochaines années.

 

Monaco Dance Forum - Ballets de Monte-Carlo


© Photos AAP – Etienne Perra

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