‘Guillaume Tell’, de Rossini, à l’Opéra de Monte-Carlo (Vidéo)  - 26/01/15 - Monaco

>26 janvier 2015
>Manal

 

 

‘Guillaume Tell’, de Rossini, à l’Opéra de Monte-Carlo (Vidéo)

 

L’Opéra de Monte-Carlo présente une nouvelle production du dernier opéra de Gioachino Rossini, ‘Guillaume Tell’, sur un livret de Victor de Jouy et Hyppolite Bis, lui-même fondé sur une tragédie de Schiller.

Créée en 1829, l’œuvre est révolutionnaire par plusieurs aspects : sur le fond, elle aborde de façon prémonitoire la liberté des peuples et le sentiment de nature, qui sous-tendront la période romantique ; sur la forme, on note son exceptionnelle longueur (six heures dans la version complète), ses longs arias, et surtout son ouverture, la plus connue et la plus jouée, avec ses quatre mouvements qui en font un véritable poème symphonique.

 

Le thème, vaguement légendaire, est bien connu et fonde l’identité suisse : dans le canton d’Uri sous domination des Habsbourgs autrichiens, le bailli Gessler veut forcer la population à saluer son chapeau en signe d’allégeance. Tell, pêcheur libre, refuse et est condamné à tirer un carreau d’arbalète sur une pomme placée sur la tête de son propre fils. Il réussit et, par la même occasion, tue Gessler. L’intrigue se complique des amours entre Arnold, ami de Tell, et Mathilde, une princesse Habsbourg hébergée chez Gessler.

Tout est bien qui finit bien : le serment du Grütli réunit les conjurés de trois cantons (Uri, Schwyz et Unterwald) et constitue la base de la Confédération Helvétique.

 

L’action de l’opéra est transposée du XIVème au XVIIIème siècle : seuls les costumes des bergers et pêcheurs s’en ressentent, car le bailli et la soldatesque tiennent plutôt des régimes totalitaires (uniformes noirs et longs manteaux).

Les décors d’Eric Chevalier sont très sobres : la scène est une boite de hauts panneaux sur deux niveaux, comme une serre ouvrant sur un paysage alpestre. Les panneaux pivotent pour laisser passage aux interprètes et aux quelque soixante choristes, qui participent à l’action. Certaines scènes sont chantées derrière un rideau qui laisse la scène dans la pénombre : le jeu des interprètes en devient malheureusement invisible.

La mise en scène de Jean-Louis Grinda est minimaliste et assez statique, mais cette sobriété est imposée par la relative exiguïté de la scène et par le nombre imposant des choristes.

On regrettera aussi que les surtitres bilingues, très touffus, soient difficilement lisibles.

 

La brillante musique de Rossini est interprétée par l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, sous la baguette de son chef Gianluigi Gelmetti, tandis que les chœurs sont dirigés par leur chef Stefano Visconti.

Dans le rôle titre, l’imposant baryton sicilien Nicola Alaimo domine la scène au propre comme au figuré : sa stature comme sa puissante interprétation font naturellement converger vers lui toutes les attentions.

L’excellente alto française Elodie Méchain joue avec élégance son épouse Hedwige, tandis que la menue soprano russe Julia Novikova pétille dans le rôle de leur fils Jemmy.

Le longiligne Patrick Bolleire, basse noble, est un convaincant Melcthal, ancien du village.

En Arnold, ami de Tell, le ténor espagnol Celso Albelo est un émouvant conjuré pleurant devant les ruines incendiées de sa demeure (‘Asile héréditaire’).

Enfin, on notera l’excellence de l’interprétation de la soprano française Annick Massis en Mathilde amoureuse et tourmentée.

 

Le spectacle est certes long, même dans sa version abrégée et adaptée, mais ce qui pourrait être un handicap est plus que compensé par la qualité des arias et des interprètes. Les grands airs font la part belle aux fioritures de bel canto qui ont fait la gloire de Rossini. Quant à l’ouverture, souvent jouée seule, elle a acquis une réputation mondiale. A noter qu’elle a pour les Suisses une résonance particulière : un de ses mouvements n’est autre que le ‘Ranz des Vaches’, hymne officieux de la Confédération.

 

>> Vidéo : entretiens et réalisation de José Sacré /Monaco Info

 

Opéra de Monte-Carlo

 

© Photos Alain Hanel – Julia Novikova

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