Béjart Ballet Lausanne et Ballet de Tokyo dans ‘9ème Symphonie’  - 06/07/15 - Monaco

>6 juillet, 2015
>Manal
 
Béjart Ballet Lausanne et Ballet de Tokyo dans ‘9ème Symphonie’ de Beethoven au Grimaldi Forum de Monaco
 
 
Annoncé comme l’événement de la saison de ballets à Monaco, la ‘9ème Symphonie’ de Beethoven sur la chorégraphie de Maurice Béjart a rempli toutes ses promesses. Les trois représentations à guichets fermés dans la grande Salle des Princes ont déclenché l’enthousiasme des spectateurs et de longues ovations.
 
Il faut dire que c’était un spectacle exceptionnel auquel étaient conviés les amateurs de ballet : une reprise de la chorégraphie élaborée par Maurice Béjart sur la partition de la ‘9ème’ Symphonie’ de Ludwig van Beethoven et créée en 1964 par son ‘Ballet du XXème siècle’ au Cirque Royal de Belgique à Bruxelles.
 
Gil Roman, directeur artistique de Béjart Ballet Lausanne, qui a collaboré longtemps avec Béjart avant sa disparition en 2007, a pu reconstituer cette chorégraphie à partir de rares vidéos et des souvenirs d’anciens membres de la compagnie.
 
Pour ce projet, il s’est associé avec le Ballet de Tokyo, fort de ses 70 danseurs de qualité, car le nombre d’interprètes a souvent son importance dans les chorégraphies de Béjart.
 
La partition était interprétée par l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo et les Chœurs de l’Opéra de Monte-Carlo, sous la baguette du chef italien Antonino Fogliani, et, pour l’Ode à la Joie’, quatre solistes : la soprano Aga Mikolaj ; la mezzo-soprano Karine Ohanyan ; le ténor Donald Litaker ; et le baryton-basse Gerd Grochowski.
 
Après un bref prologue, un texte de Friedrich Nietzsche lu par Gil Roman et une batterie de percussions endiablées, Beethoven s’est déployé dans toute son ampleur et sa splendeur.
 
Les tableaux s’enchaînent, les danseurs des deux compagnies alternent, se mêlent, se combinent, les grands mouvements d’ensemble succèdent aux pas-de-deux subtils et gracieux ou hiératiques et orientalisants. Au travers de ces moments, c’est toute l’écriture et le langage chorégraphique de Béjart qu’on retrouve : les bras arrondis en ailes, les rondes enjouées, les mouvements de foule en cercles qui se resserrent, les battements de mains sur le sol,…
 
La cohésion des deux troupes et la synchronisation des mouvements sont parfaites. Et pourtant, on note par moments combien les danseurs japonais au gabarit plus compact bondissent comme des chats, combien les danseuses de Lausanne sont plus athlétiques.
 
Les mouvements d’ensemble surtout sont impressionnants : ainsi, quand tous les danseurs rassemblés sur toute la largeur de la scène avancent à pas comptés vers l’avant-scène sur le premier thème de ‘L’ode à la joie’ ; ou le grand finale, quand des farandoles concentriques avec près de 80 interprètes courent sur la scène dans un tournoiement de couleurs. Il faut avouer que le nombre de danseurs fait aussi une grande différence, surtout quand on atteint un tel degré de perfection dans l’exécution et dans la synchronisation.
 
L’important est que, selon une citation de Georges Balanchine, ‘la danse devrait donner à voir la musique’ et qu’en l’occurrence, la chorégraphie de Béjart fait littéralement vivre la 9ème Symphonie.
 
L’œuvre a été donnée à Tokyo et à Lausanne en 2014, elle le sera encore à Bruxelles en 2016. Peut-être s’agit-il de marquer le long séjour de Maurice Béjart en Belgique, quand il a créé tant d’œuvres au Théâtre de la Monnaie, au Cirque Royal ou à Forest National.
 
Ce moment d’exception a fait bien des heureux. Il reste à espérer qu’un film l’immortalisera.
 
© Photos Manal
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