Les trente ans des Ballets de Monte-Carlo : en compagnie de Jiri Kylian  - 02/05/16 - Monaco

>2 mai 2016
>Manal
 
Les trente ans des Ballets de Monte-Carlo : en compagnie de Jiri Kylian
 
Succédant aux Ballets Russes de Serge de Diaghlilev, puis à différentes troupes installées à Monaco, les Ballets de Monte-Carlo ont repris vie à partir de 1985 à l’instigation de la Princesse Caroline de Monaco.
Un nouvel élan leur a été donné à compter de 1993 quand la Princesse de Hanovre nomme à la tête de la compagnie Jean-Christophe Maillot, un brillant chorégraphe qui compose de nombreux ballets originaux tout en invitant les plus importants chorégraphes internationaux, tels que William Forsythe, Jiri Kylian, Karole Armitage, Sidi Larbi Cherkaoui, et bien d’autres.
 
Au fil des ans, des relations étroites se sont développées avec Jiri Kylian, le célèbre chorégraphe tchèque à la tête du Nederlands Dans Theater, au point que Maillot le qualifie ‘d’ami intime de la Compagnie ’. C’est tout naturellement qu’un programme anniversaire célébrant les 30 ans de la Compagnie a été concocté avec lui.
Ce programme, qui est proposé aux spectateurs du 28 avril au 1er mai 2016, permet de découvrir toutes les facettes du chorégraphe, mais aussi de retrouver le talent des danseurs et danseuses des Ballets de Monte-Carlo, dans la cadre prestigieux de la Salle des Princes du Grimaldi Forum.
 
Une des œuvres les plus emblématiques de Kylian, créée en 2007, ‘Bella Figura’, ouvre la représentation sur le thème : ‘Quand le monde va mal, le spectacle continue à faire ‘bonne figure’. Mais où commence la représentation ? Où finit-elle ? L’illusion théâtrale fusionne irréel et réel. Une danseuse est happée par le rideau, qui est soulevé par les mains de corps sans têtes, puis qui, s’ouvrant ou se décalant, joue les obturateurs photographiques, dévoilant tel ou tel morceau de la scène, telle ou telle séquence de danse. Enfin, devant les flammes dansantes de torchères, le torse nu et les jambes prises dans de longues robes rouge, danseurs et danseuses tourbillonnent, s’imbriquent, se mêlent, forment duos, trios, quatuors, en des pas vifs et intenses, en des images brûlantes et fugaces. Un éblouissement !
 
Dans ‘Gods and Dogs’, une œuvre de 2008, le chorégraphe entend montrer combien est ténue la ligne entre normalité et anormalité. Selon lui, ‘on ne peut rien accomplir de positif sans une bonne dose de folie’. L’œuvre est d’ailleurs sous-titrée ‘unfinished work’ (travail inachevé’) et entend démontrer la fascination de Kylian pour la beauté de ce qui reste inachevé dans la vie. Sur des musiques de Beethoven, parfois modifiées pour rendre un son plus âpre et métallique, les danseurs interprètent des pas-de-deux virevoltants et acrobatiques devant un rideau de fond de scène fait de longues lignes de chaînes, dont les mouvements créent une lumière changeante et mystérieuse. L’ambiance devient peu à peu lugubre et inquiétante. Seule la virtuosité des interprètes compense le malaise croissant.
 
La dernière œuvre au programme, ‘Chapeau’, a été créée à l’occasion du Jubilé des 25 ans de règne de S.M. la Reine Beatrix des Pays-Bas, sur commande de la ville de La Haye. Elle prouve que les grands chorégraphes aiment aussi les surprises. En préambule, un court et hilarant petit film met en scène Jean-Christophe Maillot et Bernice Coppieters, la danseuse étoile des Ballets de Monte-Carlo, qui a récemment abandonné les premiers rôles pour celui de maîtresse de ballet, interpréter une saynette autour d’un gâteau d’anniversaire, celui des 30 ans de la Compagnie évidemment. Puis,, de l’écran à la scène, le spectacle s’enchaîne sans  hiatus, et, dans un style fantaisiste, mais d’une technicité impeccable, danseurs et danseuses, affublés de curieuses jupes bouffantes de tissu métallisé et doré et de chapeaux multicolores, se lancent dans un tourbillon de figures déchaînées autour de deux praticables tout aussi dorés, jouant et jonglant avec de vastes éventails rouges à revers noirs, et avec, en meneuse de revue, une Bernice Coppieters rieuse et radieuse, dans une robe noire à falbalas et coiffée d'un curieux chapeau de fanions volants et pivotants. De la joie, de la fantaisie, de la couleur : un pur moment de bonheur.
 
Jean-Christophe Maillot s’est félicité de ce programme exceptionnel et rare, qui permet d’admirer l’œuvre d’un ‘monstre sacré de la danse’, et de son côté, Jiri Kylian a apprécié l’opportunité de travailler avec Maillot et la Compagnie, avec lesquels il a déjà souvent collaboré, ainsi de retrouver Monaco, où il a dansé dans sa jeunesse avec le Stuttgart Ballet.
 
Ballets de Monte-Carlo
 
©  Photos Photo Javier de Real - Joris Jan Bos
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