Printemps 2018 : tradition et innovation avec les Ballets de Monte-Carlo  - 14/05/18 - Monaco

>14 mai 2018

>Manal

 

Printemps 2018 : tradition et innovation avec les Ballets de Monte-Carlo

 

 

La programmation de printemps des Ballets de Monte-Carlo a permis cette année d’apprécier leurs qualités tant dans la réinterprétation d’une chorégraphie de George Balanchine devenue classique que dans la création, sur une musique originale, d’une nouvelle chorégraphie de leur directeur, Jean-Christophe Maillot. Un point commun liait cependant les deux ballets : ils traduisent en mouvement le dialogue entre un instrument à cordes et l’orchestre, avec, dans les deux œuvres, une musique innovante dont les mélodies et les rythmes peuvent surprendre et déstabiliser.

 

La première œuvre reprenait donc le ‘Concerto pour violon et orchestre en ré majeur’ d’Igor Stravinsky, une œuvre de 1931 que Balanchine avait chorégraphiée une première fois en 1941 pour le ‘Original Ballet Russe’ sous le titre ‘Balustrade’. Les deux hommes s’étaient liés d’amitié : Balanchine a repris l’œuvre en 1972, peu après la mort de Stravinsky, avec une version nouvelle et épurée, qu’il intitule simplement ‘Violin Concerto’. Cette version avait déjà été présentée par les Ballets de Monte-Carlo en 1986.

 

La nouvelle chorégraphie suit rigoureusement la partition musicale, avec une Ouverture en Toccata, deux arias et un finale Cappricio, et lui applique la méthode de ‘classicisme déstructuré’ du maître. Le résultat est une œuvre d’une perfection rare, une création visuelle qui donne à voir la musique et illustre parfaitement l’idéal de Balanchine : « voir la musique et écouter la danse ».

 

Il en résulte une œuvre agréable, nette, précise, fluide. Six danseurs et six danseuses exécutent des mouvements d’ensemble vifs et enlevés. Les arias, des pas-de-deux en réalité, sont des bijoux d’audace et de légèreté, tandis que le violon de Liza Kerob, supersoliste de l’Orchestre de Monaco, ponctue les évolutions des danseurs. Un vrai plaisir !

 

Au programme figurait aussi une œuvre de Bruno Mantovani, compositeur français né en 1974, qui avait déjà collaboré avec succès avec Jean-Christophe Maillot dans une œuvre de 2004, ‘Miniatures’. 

Cette année, ‘Abstract’ est le résultat d’une commande de Marc Monnet, directeur du Printemps des Arts de Monaco. L’œuvre, qui alterne fulgurances, contrastes et moments d’attente, a visiblement inspiré le chorégraphe et son équipe : le ballet est devenu ‘Abstract/Life’. 

 

La partition comporte cinq épisodes où alternent les instants pour violoncelle seul, où le soliste Marc Coppey fait merveille, les moments symphoniques avec l’orchestre seul, et enfin un concerto pour violoncelle et orchestre. Une partition moderne, mais qui reste agréable.

 

La chorégraphie semble ‘naturelle’ et met en valeur les qualités techniques et artistiques des danseurs de la compagnie. Les décors originaux et minimalistes et les éclairages contribuent beaucoup à l’émerveillement. Dans une pénombre qui suscite mystère et inquiétude, les danseurs glissent et surgissent, puis se fondent et disparaissent entre des blocs métalliques au sol ou au plafond. Leurs habits d’ombre (par opposition aux ‘trajes de luz’) sont illuminés par leurs coiffes en guirlandes fragiles de lumière qui évoluent gracieusement sur les fonds de nuit. Le tout est surprenant et merveilleux ! 

 

Dans ce spectacle qui additionnait classicisme et innovation, les danseurs et danseuses des Ballets de Monte-Carlo ont encore mis en évidence leur talent et celui de leur directeur et chorégraphe.

 

Ballets de Monte-Carlo

 

©  Photos Alice Blangero 

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