Festival de Cannes, Palme d’Or 2018 : Une affaire de famille  - 22/05/18 - Cannes

>22 mai 2018

>Paule Elliott

 

Festival de Cannes, Palme d’Or 2018 : Une affaire de famille

 

La séance ‘post-festival’ du film japonais primé ‘Une affaire de famille’, du réalisateur Hirokazu Kore-Eda, projetée le 20 mai dernier au Palais des Festivals de Cannes, m’a inspiré quelques réflexions.

 

Cette histoire d’une famille pauvre, en rupture avec la société, où petits larcins et sentiments familiaux s’entremêlent, tient plus du documentaire que du film : il en ressort, en tout cas, que la pauvreté me semble bien moins violente au Japon qu’en France.

 

Certes, ce film présente de bons acteurs, une construction astucieuse, une touche de sensibilité…mais cela valait-il la Palme d’Or???

 

 Si l’on s’en tient à cette recette, avec pauvreté et lutte de classes, un zeste de communautarisme et le misérabilisme des prisons françaises, un film français devrait emporter la Palme d’Or à tous les coups. Mais qui oserait réaliser une telle œuvre ?

 

Il ne faut pas oublier que le contribuable français, au travers d’institutions officielles, finance largement cette industrie, qui doit donc éviter les sujets qui fâchent trop.

 

Si le film qui a obtenu la Palme d’Or cette année est de cet acabit, on ne peut que compatir avec le jury qui a dû ‘ingurgiter’ vingt autres films de moins belle eau par définition.

 

Mais il y a des compensations : les grandes soirées ‘entre soi’ pour les belles causes charitables.

Et en outre, les hôtels de la Côte d’Azur devraient tirer profit de cette affluence, encore que cette année, le taux de fréquentation a quelque peu souffert des combats d’arrière-garde contre les nouveaux modes de production et de présentation des films (comme Netflix, par exemple).

 

On ne peut que constater qu’en dépit des soutiens financiers à la créativité, l’exception culturelle française n’a pas particulièrement brillé cette année...et pourtant!

 

Dans un contexte favorable, les femmes réalisatrices, dont on attendait tant, notamment avec ‘Les filles du soleil’, n’ont pu atteindre la récompense suprême.

Mais l’accent était mis cette année sur les luttes féministes : les qualités intrinsèques nécessaires à la réussite d’un film étaient peut-être un peu oubliées.

Pour le coup les hommes sont mis hors de cause cette fois! Ouf!

 

Que retiendra-t-on de ce Festival ?

Hormis la mise en scène Star Wars et la présence de quelques acteurs connus, les montées des marches auront surtout été un espace de revendication féministe, allant parfois jusqu’à la caricature, ainsi qu'un défilé Couture, pas toujours très ‘Haute’, montrant par inadvertance un sein par ci, une petite culotte par là, ou mieux encore, l’absence de sous-vêtement ! 

Les photographes eux se sont bien amusés…

 

Mais n’oublions pas non plus la CGT et le monde des grèves, autre vieille tradition française. Ses revendications auront contribué, tout au long du Festival, à gêner voyageurs et festivaliers. Mais elle a tenu à participer à la fête avec une montée des marches sur tapis rouge…à la gare de Cannes. Il est heureux …et dommage que le ridicule ne tue pas.

Quel cinéma! 

 

Signalons tout de même que de belles réalisations sont passées dans les sections parallèles, dont le film chinois ‘Un voyage dans la nuit’ du jeune réalisateur Bi Gan, très innovant et poétique, qu’il ne faudrait pas manquer dès sa sortie en salle prévue le 22 août prochain.

 

Je laisse la conclusion à la grande artiste Niki de Saint-Phalle  “Quand une femme veut réellement monter au sommet de l'art international, elle y arrive. J'en suis la preuve vivante !”

 

Tout le palmarès du 71ème Festival de Cannes 2018

 

©  Photos Paule Elliott – Festival de Cannes - Hirokazu Kore-Eda © L. Venance / AFP PHOTO

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