Salvador Dalí – Une histoire de la peinture  - 22/08/19 - Monaco

>22 août 2019

>Manal

 

Salvador Dalí – Une histoire de la peinture

 

Le Grimaldi Forum consacre cette année son exposition de prestige de l’été au peintre catalan Salvador Dalí, disparu il y a trente ans. Cette rétrospective a bénéficié de prêts de la Fondation Dali et de son musée de Figueras, du Musée Reina Sofia à Madrid et du Salvador Museum de St. Petersburg en Florida. Le commissariat de l’exposition est assuré par Madame Montse Aguer, spécialiste reconnue de l’oeuvre du peintre et directrice de sa Fondation et de ses musées catalans.

 

L’orientation de cette rétrospective tient dans le sous-titre. L’œuvre de l’artiste a trop souvent été éclipsée par le personnage public, le génie auto-proclamé aux déclarations tonitruantes et emphatiques et aux attitudes provocantes et pompeuses. On retiendra cette citation du maître : « A six ans, je voulais être Napoléon, et je ne le fus pas. ? A quinze ans, je voulus être Dalí, et je le fus. A vingt-cinq ans, je voulus devenir le peintre le plus sensationnel du monde, et j’y suis arrivé ». Pour atteindre ce but, il ira même jusqu’à inventer une méthode « paranoïaque-critique ».

 

Au-delà de ce personnage, il s’agit de revenir à l’essentiel, au peintre doué en prise avec son temps et avec le monde de l’art. Il faut oublier le personnage médiatique et en revenir à l’artiste obsédé par la peinture, au point d’en chercher les inspirations dans tous les mouvements des avant-gardes européennes : l’impressionnisme à ses débuts, le cubisme lors de ses premiers contacts avec Picasso, l’abstraction très brièvement, l’hyperréalisme américain, mais surtout le surréalisme, où son style léché fait merveille. Comme il l’a dit : « ma peinture est une photographie en couleurs faite à la main ».

 

Toute son œuvre est marquée par les lieux essentiels de sa vie : né à Figueras, sur la Costa Brava catalane, il a passé ses étés de jeunesse dans la maison de vacances que son père possédait à côté de Cadaquès. Ce charmant village typique a été préservé du bétonnage côtier grâce à l’influence et aux efforts de Dali.

Il a plus tard installé son atelier dans une maison du village voisin de Port Lligat.

 

On retrouve fréquemment dans ses œuvres de jeunesse des vues de Cadaquès sous tous les angles, avec toujours, scrupuleusement dessinée, la maison de vacances de sa jeunesse.

 

Le scénographe William Chatelain s’est inspiré de la maison atelier de Port-Lligat dont les fenêtres ouvrent sur les paysages de la côte catalane, de même que les fenêtres ouvertes dans les murs des salles successives conduisent le visiteur au travers de l’œuvre.

 

Dalí avait imaginé un atelier idéal, inspiré d’une forme conçue par Leonard de Vinci : l’Icosaèdre, polygone à vingt faces, mais qu’il n’a jamais réalisé. On découvrira cette forme rêvée, réduite à ses arêtes, face au panoramique de la baie de Port-Lligat, le paysage que le peintre voyait chaque jour de chez lui.

 

Parmi les œuvres exposées, beaucoup de dessins et croquis époustouflants de précision et de subtilité, et quelques belles toiles emblématiques de la période surréaliste de l’artiste, même si les montres molles et les éléphants-girafes si caractéristiques ne sont pas de la partie.

On retrouve fréquemment ses thèmes obsessionnels, qui apparaissent en vignettes dans ses toiles, comme le peintre Vermeer à son chevalet, sa maison de vacances de Cadaquès, l’Ile aux Morts de Böcklin,…

 

Les expériences picturales de la fin de sa vie porteront sur les effets optiques et la troisième dimension, les « doubles images » et les effets stéréoscopiques,  comme dans son tableau : « Dalí de dos peignant Gala vue de dos éternisée par six cornées virtuelles provisoirement réfléchies par six vrais miroirs », qui n’est pas sans rappeler certaines œuvres de Velasquez et leurs effets de miroir.

 

On remarquera un tableau inhabituel, hors normes, sombre et inquiétant : « Violettes Impériales ». Cette œuvre réalisée en 1938 alors que le peintre et sa muse Gala résidaient à la Pausa, villa de Coco Chanel à Roquebrune. Cette œuvre si noire marque à la fois la fin des horreurs de la Guerre d’Espagne, mais aussi la prémonition de la Guerre Mondiale à venir.

 

Le peintre a tenu une comptabilité surprenante des artistes qu’il admire et qui l’ont inspiré dans son œuvre. Dans son traité de peinture « 50 Secrets Magiques », publié » en 1948, il répertorie les maîtres les plus importants de l’histoire de l’art et leur attribue des notes. Il en retient surtout cinq, auxquels il attribue la note de 20/20 : Vermeer, Raphaël, Velasquez, Vinci et Picasso.

 

On découvre aussi au travers de l’exposition des facettes peu connues de l’artiste et de ses talents multiples. Ainsi, pendant son séjour aux Etats-Unis de 1940 à 1948, il a collaboré avec Leonid Massine et les Ballets Russes pour la conception et les décors de plusieurs ballets. Il a aussi travaillé avec Alfred Hitchcock à la conception de l’univers onirique du film « Spellbound ». 

A son retour en Europe, il a participé à la représentation théâtrale de l'œuvre de Shakespeare « Comme il vous plaira » au Teatro Eliseo de Rome en 1948, sous la direction de Luchino Visconti.

 

Cette rétrospective originale superbement mise en scène illustre remarquablement la place importante que Salvador Dalíoccupe dans l’histoire de la peinture du 20èmesiècle, même si ses outrances avaient pu parfois faire oublier son talent.

 

 

Du 6 juillet au 8 septembre 2019

 

Grimaldi Forum

T +377 99 99 30 00

 

# Salvador Dalí, Dalí de dos peignant Gala vue de dos éternisée par six cornées virtuelles provisoirement réfléchies par six vrais miroirsŒuvre stéréoscopique, 1972-1973
Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí / Adagp, Paris 2019 

 

# Salvador Dalí, Sans titre. Julien de Médicis d’après le Tombeau de Julien de Médicis de Michel-Ange, c. 1982- Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí / Adagp, Paris 2019 

 

# Salvador Dalí, Eléments énigmatiques dans un paysage, 1934 Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí / Adagp, Paris 2019 

 

©  Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí / Adagp, Paris 2019

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