Opéra de Nice : La Dame de Pique  - 06/03/20 - Nice

>6 mars 2018

>Manal

 

Opéra de Nice : « La Dame de Pique »

 

Dans le cadre de sa saison, l’Opéra de Nice présente « La Dame de Pique », œuvre emblématique du répertoire russe. 

 

La production de cette œuvre constitue une innovation avec la participation, sous l’égide de la Régie Culturelle Régionale, de quatre opéras du Sud, l’Opéra Grand-Avignon, l’Opéra Toulon-Provence Méditerranée, l’Opéra de Marseille et l’Opéra Nice Côte d’Azur.

Ces quatre institutions ont contribué à la l’élaboration de l’œuvre et la présenteront à tour de rôle.

 

Ce regroupement de moyens a permis de rassembler une fort belle distribution d’artistes lyriques de qualité qui chantent l’œuvre en russe, et de faire appel pour la mise en scène à Olivier Py, le directeur du Festival d’Avignon, réputé pour ses nombreuses créations surprenantes et innovantes.

 

L’œuvre rassemble tout ce que la Russie peut avoir d’exotique, de grandiose, de brutal et de sublime. La partition de Piotr Tchaïkovski est somptueuse et théâtrale. Le livret, œuvre de Modeste Tchaïkovski, frère du compositeur, est adapté d’une nouvelle de Pouchkine, le grand poète russe du XVIIIème siècle. Les thèmes abordés évoquent le démon du jeu, la folie, le surnaturel.

 

Le héros, Herman, est un joueur affecté d’une passion frénétique pour le jeu. Il veut absolument obtenir un secret qu’une vieille comtesse’ surnommée « La Dame de Pique », aurait reçu du Comte de Saint-Germain à la cour de Versailles, celui d’une combinaison de trois cartes permettant de gagner à coup sûr. Il tombe amoureux de Lisa, petite-fille de la comtesse, mais cet amour semble surtout viser à le rapprocher de la comtesse. En fin de compte, tout finit mal : Lisa, délaissée, se jette dans le fleuve ; la comtesse, déçue elle aussi, meurt ; Hermann a bien reçu la martingale, mais perd néanmoins et se suicide. 

 

Tchaïkovski a superbement dépeint un monde la déliquescence d’un monde qui vit ses derniers moments, le crépuscule d’un St-Pétersbourg impérial qui va bientôt disparaître.

Il évoque aussi ses propres tourments, sa peur des femmes, même la sienne…

 

La mise en scène d’Olivier Py insiste sur ce côté déliquescent, avec un gigantesque décor sur trois niveaux fait de portes aux vitres cassées et avec de curieux parti-pris : la fin des Romanov cède la place à des rappels de l’ère soviétique (décors ruinés, uniformes) et à une lourde insistance sur les tendances homosexuelles du compositeur. Ainsi, un personnage en caleçon, parfois complété d’un frac ou d’un tutu de danseuse, se contorsionne, et même plus, tout au long du premier acte : selon les exégètes éclairés, il s’agirait du double du héros d’Herman, ou peut-être celui du compositeur ! Complications inutiles, manifeste gay, uchronie : il n’en reste pas moins que cette mise en scène anachronique et ébouriffante apporte à l’œuvre l’emballage théâtral qui lui convient.

 

L’Orchestre Philharmonique de Nice était placé sous la baguette de György Rath. Les excellents solistes (en particulier Oleg Dolgov en Herman, Elena Bezgodkova en Lisa et Marie-Ange Todorovitch en comtesse) étaient adéquatement soutenus par les chœurs de l’Opéra de Nice et de Toulon et par le chœur d’enfants de l’Opéra de Nice.

 

Voir le teaser vidéo

 

Ou sur : www.opera-nice.org

4-6, rue Saint-François-de-Paule – Nice

 

© Photos Opéra de Nice – Dominique Jaussein

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